Conclusion

Dans une première grande partie théorique, nous avons tracé l’historique des disparités
sociales, des années 80 à 90 à travers l’exemple de l’Île de France, puis de 2000 à nos
jours d’un point de vue plus national en comparant les différentes villes de France.
Nous nous sommes concentrés sur les vertus du sport, selon l’état avec la loi n°84-610
du 16 juillet 1984, expliquant l’utilité de sport pour lutter contre l’exclusion social, et
l’impact important de la médiatisation des athlètes sur les jeunes.
Après ce préambule pour continuer, permettant la contextualisation du sujet, nous nous
sommes concentrés sur l’insertion des jeunes à travers le sport amateur. Nous avons
analysé les problèmes des jeunes dans les quartiers « sensibles », comme les problèmes
de chômage, d’enclavement, de stigmatisation, de repli identitaire.
Puis nous nous sommes intéressés au sport comme vecteur d’insertion, et en particulier
le basket avec son potentiel socialisant, grâce à ses valeurs spécifiques telles que la
solidarité, l’esprit d’équipe, le respect, la convivialité.
Dans un second temps de cette même partie, nous avons traité des acteurs politiques et
sociaux. Nous avons défini leurs rôles par rapport au sport, de quelle manière ils
l’utilisent et par quels dispositifs ; comme les tickets sports, les opérations j-sports, le
programme Ville Vie Vacances …
Dans une deuxième grande partie plus pratique avec l’expérience d’un club de basket
dans les quartiers Nord de Marseille, nous avons traité de l’environnement externe de ce
club, en abordant les particularités de ces quartiers et de leurs inégalités, pour zoomer
sur les clubs de basket.
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Dans cette démarche nous avons rencontré des acteurs politiques et sociaux de ces
quartiers : l’adjointe communautaire au Maire de Marseille, une directrice d’un centre
social d’une ZUS (Zone urbaine sensible), un gendarme, et un ex-champion du monde de
Boxe Française ayant ouvert sa structure sociale.
Par la suite nous avons développé l’environnement interne au club, en définissant les
acteurs de ce club de basket que sont les joueurs, les parents, les entraineurs et les
dirigeants.
Grâce à ces différents points nous avons pu tenter de répondre à nos hypothèses.
Tout d’abord, il semblerait que l’hypothèse :
« Le comportement du joueur change qu’au sein du club de Basket mais pas en dehors de
celui-ci. » ne soit pas retenu.
Les Joueurs n’auraient pas tendance à changer leur comportement en dehors du club,
bien qu’en étant obligés de respecter des règles au sein du club, ils resteraient fidèles à
eux même.
Nous avons pu constater cela notamment en interrogeant une dizaine de joueurs,
principalement du club Phoenix Basket 13, lors d’un entretien qualitatif, grâce
notamment à la question :
« Ton comportement change-t-il dans le club et en dehors ? De quelle manière ? Te forcestu à avoir un certain comportement en club et quand tu es en dehors, ça change ?»
D’autre part à travers nos différentes parties, nous avons pu voir que le changement
opérant sur les individus est profond, surtout dès le plus jeune âge.
Il peut aider en plus d’autres structure à cadrer les jeunes joueurs. C’est pour ces
raisons que nous avons rejeté cette hypothèse.
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L’hypothèse : « Un club de Basket amateur n’influe pas sur le comportement du joueur, au
sein d’un quartier défavorisé. »
Cette hypothèse apparait aussi fausse dans une certaine mesure. Tout d’abord cela
dépend à quels joueurs on s’adresse.
Le club n’aurait pas le même impact selon l’âge du joueur, la durée de pratique du joueur
dans le club et cela dépend aussi du projet socio sportif du club et de l’entraineur.
En interrogeant, les parents des joueurs nous avons pu relever cet argument précis, avec
un parent qui nous a expliqué que son enfant s’est épanoui cette année avec ce club, avec
cet entraineur, mais que tout peut changer si un de ces éléments change.
Néanmoins à travers les règles imposées aux joueurs au sein du club, les valeurs du
basket telles que l’esprit d’équipe, la solidarité, auraient une incidence significative sur
les jeunes joueurs.
De plus, nous avons vu dans la première partie, que d’après l’Etat, le sport est considéré
comme un moyen pour améliorer le comportement des jeunes. L’Etat utilise différents
dispositifs en utilisant les enjeux transversaux du sport, pour notamment lutter contre
l’exclusion sociale, le repli identitaire.
A ce titre un club de basket amateur semblerait pouvoir permettre d’être un outil à la
socialisation des jeunes.
Notre rencontre avec Madame Bulot directrice de centre social d’une ZUS (zone urbaine
sensible) de Marseille, nuance cela en nous expliquant que le but premier d’un club n’est
pas et ne doit pas se substituer à un centre social, mais que c’est un allié de choix, dont
les bienfaits sont indéniables.
Nous avons à travers les différentes parties de notre mémoire pu valider l’hypothèse,
selon laquelle :
« Un club de basket amateur permet à des jeunes issus de quartiers « difficiles »,
d’améliorer leur comportement pour vivre en société ».Toutes les personnes interrogées
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semblent penser qu’un club de basket est une bonne préparation pour vivre en société,
même si cela ne suffit pas à lui tout seul, le club parait être un partenaire important en
plus des centres sociaux et des parents.
A l’aide de nos différentes recherches et études terrains, nous avons pu aller plus loin
que notre problématique de départ. Nous supposions indirectement en se posant la
question de l’utilité d’un club amateur de basket, pour la socialisation des jeunes de
quartiers « sensibles », que ces jeunes ont un problème de socialisation.
En interrogeant en particulier des entraineurs, nous nous sommes rendu compte que ce
n’était pas forcément le cas, que la question de la socialisation par le sport peut aussi
bien se poser dans des quartiers plus aisés par exemple.
De plus avec la rencontre avec Monsieur Effah, nous avons vu qu’il peut être plus utile
d’envisager la socialisation des jeunes dans des quartiers « sensibles » plutôt comme un
outil que comme une finalité. L’objectif est bien d’épanouir les jeunes plutôt que
simplement les socialiser.
Cette nuance faite nous semble d’accord sur l’utilité d’un club dans des quartiers
sensibles à Marseille, mais qu’arrive-t-il aux jeunes, qui ne souhaitent pas pratiquer le
sport en club et préfèrent le sport de rue et plus spécifiquement le basket ?
Il pourrait être intéressant de se poser maintenant la question de l’utilité du basket de
rue pour la socialisation des jeunes. Nous savons que le sport de rue a des valeurs
différentes, les règles sont réduites au minimum. L’affrontement, le spectacle, la
performance individuelle sont mis en avant. Il n’est pas forcement bien vu des pouvoir
publics et des habitants.
Est-ce que cette pratique viendrait contrebalancer le basket fédéral ? Est-il nuisible ou
au contraire est-il complémentaire ?
Autant de questions auxquelles il serait intéressant de répondre pour aller plus loin sur
ce sujet.
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